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Il y a des saisons qui ressemblent à un long apprentissage. Et puis il y a celles où tout s’accélère, où chaque concours semble repousser les limites du possible. Depuis son arrivée dans les écuries Chev’el, l’Equita Rider Antoine Ermann vit précisément cette accélération : une ascension hors norme, une montée en puissance fulgurante qui l’a propulsé, en quelques mois seulement, dans le cercle très fermé des cavaliers qui comptent, avec des résultats qui parlent d’eux-mêmes et un rang de numéro 1 mondial des cavaliers de moins de 25 ans !
Chev’el ou l’entrée dans une autre dimension
Quand le Bourguignon Antoine Ermann quitte la structure familiale et pose ses valises aux écuries Chev’el, propriété de la famille Sadran à Toulouse, le décor change brutalement. « Je connaissais déjà très bien la famille Sadran qui était à la recherche d'un cavalier susceptible d'évoluer à haut niveau. C'était il y a trois ans. Olivier Sadran m'a proposé d'être ce cavalier : j'ai réfléchi et ai évidemment décidé d'accepter. Aux écuries Chev’el, tout est pensé pour optimiser la performance. Le système mis en place est vraiment très professionnel, avec un objectif clair de haut niveau. Les écuries sont parfaites pour mettre les chevaux dans le confort en préparation des concours », explique le cavalier. Ici, rien n’est laissé au hasard et tout rappelle au jeune homme qu’il vient d’entrer dans une autre dimension. Pour Antoine, ce virage dans sa prometteuse carrière est une évidence. Loin d’être impressionné, le cavalier s’adapte, révélant une maturité et une concentration qui surprennent même les plus expérimentés. Dès les premières semaines, quelque chose s’installe. Une forme de fluidité. Ermann ne cherche pas à forcer, ni à prouver. Il monte, simplement, avec une précision calme qui attire rapidement l’attention. Aux écuries, on observe, on note la régularité et la manière dont il lit les parcours, la façon dont il s’adapte à ce nouveau système. Ce n’est pas une explosion immédiate, mais la voie est tracée. Le potentiel reconnu mais encore latent s’apprête à s’imposer !
La montée en régime : quand les résultats éclatent au grand jour
Très vite, la compétition ne fait que confirmer ce que le travail quotidien a installé. Au cœur de cette saison explosive se trouvent les Championnats d’Europe 2025 de La Corogne, où Antoine réalise ce que beaucoup n’auraient osé imaginer en début d’année. Engagé en individuel avec Floyd des Prés, il enchaîne les parcours propres et techniques et finit dans le Top 25 qui lui permet d’accéder à la finale individuelle, signant la meilleure performance française du championnat. Ce résultat porte tout sauf une note anecdotique : pour un cavalier si jeune et encore récent au plus haut niveau, cela constitue une entrée remarquée dans l’élite européenne.
Dans la lancée des Europe, sur les pistes du Longines Global Champions Tour, Antoine ne se contente pas d’être présent : il s’illustre de nouveau. À Rabat, il s’offre une victoire marquante en première manche de la Global Champions League, aux commandes d’Odin van ’t Hanegoor. Une victoire qui continue de l’affirmer comme un cavalier à suivre de près sur la scène internationale. Là où certains jeunes talents brûlent sous la pression, lui impose un rythme constant. Chaque sans-faute est un pas de plus vers la reconnaissance, chaque barrage réussi, un signe que la France tient en Antoine un cavalier d’exception. Une pépite.
Peu après Rabat, à l’occasion de la Coupe du monde Longines FEI du Longines Equita Lyon, Concours Hippique International, lors de l’épreuve-phare à 1,60 m, Ermann réalise une performance remarquable avec Floyd des Prés, signant un double sans-faute et prenant la troisième place de l’épreuve, face à l’élite mondiale, derrière Olivier Perreau et Julien Epaillard, mais devant les cadors du saut d’obstacles international. Antoine Ermann n’est plus un simple participant : il est un acteur de premier plan, capable de rivaliser avec les stars. Sa relation avec Floyd des Prés est au cœur de cette réussite. Ensemble, ils réalisent des parcours fluides et précis, incarnant la complicité et la rigueur qui définissent désormais le style Ermann. « Floyd s'est très bien adapté à son nouvel environnement. Le système est diablement efficace. Les chevaux sont choyés, ils bénéficient de beaucoup de soins. Et cette organisation lui a permis de progresser encore et de s'installer dans le haut niveau. De base, il est déjà un très bon cheval. Mais avoir un bon cheval c'est une chose, gérer sa carrière et faire en sorte qu'il progresse, c'en est une autre. Et c'est grâce au système très performant mis en place dans les écuries Chev’el que la progression a été possible et optimisée », précise Antoine Ermann.
Un cavalier à l’épreuve du temps et de la pression
Ce qui frappe dans cette ascension, c’est la constance et le sang-froid du jeune homme de vingt-quatre ans à peine. Dans des compétitions où chaque erreur est lourde de conséquences, Ermann fait preuve d’une clarté de lecture et d’une maîtrise technique rares. Cette sérénité, combinée à l’exigence quotidienne des écuries Chev’el, lui permet de transformer le stress en moteur, les défis en tremplins.
Sans déclaration fracassante, Antoine Ermann a bel et bien changé de statut ces derniers mois. Dans les paddocks, dans les tribunes, dans les petits papiers du sélectionneur, son nom circule autrement, comme une évidence. Il n’est plus “le petit jeune qui arrive”. Il est celui qu’on observe. Ce basculement n’est pas qu’une question de points ou de classements, même s’il occupe depuis plusieurs mois la première place du classement mondial des cavaliers de moins de vingt-cinq ans. C’est aussi la reconnaissance que ces résultats répétés dans des rendez-vous majeurs ne sont pas des coups de chance, mais la démonstration d’un talent mûri par un cadre d’entraînement optimal et une approche du sport profondément réfléchie.
Depuis son arrivée chez Chev’el, Antoine Ermann n’a pas simplement progressé : il s’est installé. Dans le paysage, dans les grandes compétitions, dans les esprits. Cette saison 2025 ne ressemble pas à une parenthèse, mais à un point de départ. Plus que les classements ou les podiums, c’est cette capacité à enchainer des performances solides dans des rendez-vous de très haut niveau qui marque les esprits. Antoine Ermann n’a pas forcé son destin. Il l’a saisi, avec calme, précision… et une redoutable efficacité. Et à l’aube de la saison prochaine, bien des regards sont désormais tournés vers lui. Modestement, il conclut : « Mon objectif est de continuer à faire progresser mes chevaux, les chevaux expérimentés et les moins aguerris. Dans ce système, je n'oublie pas les plus jeunes, que j'adore former. Comme tous les cavaliers, je rêve bien sûr de participer à un championnat. Mais avant tout, je souhaite m'installer durablement dans le haut niveau. » Et à en juger par les résultats de ces derniers mois, on dirait que l'Equita Rider Ermann est bien lancé !