image Flambeau,  tout feu tout flamme avec sa cavalière

ACTUALITÉ

Flambeau, tout feu tout flamme avec sa cavalière

Du stud book néerlandais aux podiums internationaux, Flambeau s’est imposé parmi les chevaux de dressage les plus marquants de sa génération. Aux côtés de la cavalière belge Larissa Pauluis, il incarne aujourd’hui une réussite sportive incontestable, mais aussi l’hommage à une promesse faite.
Des origines déjà prometteuses
Né en 2010 et enregistré auprès du stud book KWPN (Pays Bas), Flambeau est un hongre bai issu d’un croisement prestigieux : son père, l’étalon Ampere, est reconnu pour transmettre puissance, amplitude et mouvements expressifs, tandis que sa mère, Lakarla, provient d’une lignée déjà orientée vers le dressage d’élite. Cette génétique lui confère des allures naturelles impressionnantes et un potentiel athlétique de tout premier rang. Un cheval bien né, peut-on dire !
Né chez J. Merx van Eijkelenburg, il fut d’abord envisagé comme cheval polyvalent : Flambeau s’est même, pendant un temps, essayé au saut d’obstacles avant de révéler tardivement ses qualités exceptionnelles pour le dressage. Si son tempérament vif a pu décontenancer ses premiers cavaliers, son talent rare lorsqu’il est bien canalisé signe définitivement la marque d’un cheval d’exception.

La rencontre qui a tout changé
La trajectoire de Flambeau prend un virage à 180° lorsqu’il arrive en Belgique, fin 2018, intégré au programme de First Step Horses, l’écurie dirigée par la cavalière Larissa Pauluis et son mari, Grégoire Naslin. Cette rencontre fut bien plus que sportive : Grégoire, convaincu du potentiel de Flambeau, encouragea Larissa à investir dans le couple qui bientôt allait devenir incontournable. Emblématique. Ensemble, ils commencèrent à développer un lien profond avec le cheval, malgré son caractère exigeant. « A son arrivée, Flambeau était un cheval très, très, très compliqué. Il était très sauvage, je pense qu'il n'avait plus travaillé depuis longtemps. Il avait le dos vraiment en vrac, les postérieurs étaient vraiment très loin derrière la masse, il était très regardant, il passait son temps à hennir. A part un changement de pied isolé gauche-droite, il ne savait pas faire grand-chose. Bref, il n'était pas au point du tout. Tout était à construire », explique Larissa. Et de confesser : « Au début, je n'y croyais pas du tout. C'est mon mari qui m'a dit « Ecoute, tu vas y arriver, ça va aller ; au pire, il sera un cheval de commerce ». Il fallait être particulièrement visionnaire pour pressentir telle qualité dans le cheval. », reconnaît-elle. 
La vie de Larissa fut bouleversée en mai 2020 lorsque Grégoire décéda soudainement, la laissant seule à la tête de l’écurie. Dans cette période sombre, Flambeau devint plus qu’un partenaire sur les carrés : il fut une source de lumière et de sens, une promesse à honorer. « Le chagrin a été insupportable, et les chevaux ont vraiment été ma thérapie. J'ai vraiment pu compter sur eux pour garder le cap, garder l'objectif que Greg m’avait fixé : celui de continuer à progresser », commente-t-elle émue, avec pudeur et retenue.

Une ascension sportive constante
Un an et demi après l’arrivée du cheval dans les écuries de la Belge, le couple Flambeau Larissa commence à faire mouche. La cavalière se souvient : « C'est au moment d’aborder le piaffe-passage que je me suis rendu compte que le cheval avait une qualité de dingue. Je me suis accrochée parce que j’étais alors convaincue qu’il avait le potentiel d’une superstar ! »
Les deux enchaînent les participations en Coupe du monde FEI Dressage™, avec des performances solides qui les installent progressivement parmi les meilleurs couples du circuit européen.
En avril 2025, le couple brille sur le CDI 5* du Printemps des Sports Équestres à Fontainebleau et se classe deuxième du Grand Prix, devant de nombreux binômes d’exception, puis se hisse sur le podium du Grand Prix Freestyle avec une performance artistique remarquée, qui lui vaut une impressionnante deuxième place, juste derrière Becky Moody et son Jagerbomb. 

L’une de ses plus belles prestations a lieu lors de l’étape de la Coupe du monde FEI de Lyon, en 2025. Sur la grande piste du Longines Equita Lyon, Concours Hippique International, face à une concurrence relevée, Larissa Pauluis et Flambeau montent sur le podium du Grand Prix Freestyle, terminant troisièmes avec une note de 79,560 % ; dans le Grand Prix, le couple avait déjà impressionné, jugé à quelques points seulement des meilleurs. 
Plus tard dans la saison, à domicile dans la Coupe du monde FEI de Malines, le couple signe l’un des moments forts de sa carrière : une victoire mémorable dans la reprise libre en musique avec un record personnel de 82,975 %, une marque de confiance, de technique et d’expression artistique qui témoigne de leur excellente forme du moment et de leur impressionnante progression. « Je suis très fière de lui. Et je suis fière de moi aussi, parce qu'on a fait un sacré bon bout de chemin. J'avoue que gagner cette Coupe du monde à Malines, c'était déjà un rêve, d’autant que les points étaient vraiment très élevés. Ils m’ont d’ailleurs permis de grimper dans le classement mondial et d’atteindre mon véritable objectif professionnel qui jusqu’alors, me paraissait tellement inaccessible : intégrer le top 10 mondial. Aujourd'hui, c'est fait parce que je suis sixième ce mois-ci. C’était vraiment un rêve. »
Outre ces performances, le couple participe à d’autres étapes du circuit mondial avec constance, allant jusqu’à frôler les podiums à Stuttgart, où ils terminent à seulement une fraction de pourcentage d’un nouveau podium, prouvant s’il le fallait encore leur compétitivité parmi l’élite européenne. Il y a quelques jours encore, le couple s’emparait d’une deuxième Coupe du monde FEI, celle de Neumünster. A star is born ! « Aujourd'hui, Flambeau continue à progresser », explique Larissa Pauluis. « Ses lacunes de départ étaient tellement importantes qu’avec lui, il faut du temps. Mais ça paie ! Il reste un cheval très courageux. Il peut être un peu spooky, mais il est courageux. Il se donne toujours dans le rectangle, fait des efforts. Et puis il est désormais super gentil : vraiment, Flambeau est un cheval qui n'a pas une once de méchanceté. C'est un cheval qui est délicat, qui peut parfois être un peu excessif dans ses réactions, lorsqu’il est un peu anxieux, lors d’une remise des prix par exemple. Il peut encore progresser, surtout sur ses appuyés. Et sur le contact également : lorsque le contact se sera encore amélioré, je pense qu’il prendra 3-4% dans le Grand Prix. » 

Une complicité rare, une inspiration durable
Flambeau n’est pas simplement un cheval aux allures remarquables : il est le symbole vivant de la résilience, de l’amour et de l’engagement entre une cavalière et son cheval. Leur histoire dépasse les résultats : elle raconte comment un cheval jugé délicat a pu, grâce à la patience, à la persévérance et à une relation humaine profonde, devenir l’un des meilleurs représentants du dressage belge sur la scène mondiale. « Je ne participerai pas à la Finale de la Coupe du monde FEI de dressage : étant données les circonstances géopolitiques, ce serait de la folie. D’autant que Flambeau a 16 ans : des heures et des heures de transport en avion, c'est un peu trop pour lui. Évidemment, l’objectif de cette année, c'est de qualifier l'équipe belge pour les Jeux olympiques de Los Angeles du premier coup, à Aix-la-Chapelle, et de pouvoir faire un super score tous ensemble. » 
Aujourd’hui, alors que Flambeau continue de briller sur les rectangles internationaux, il porte avec lui non seulement des performances sportives, mais aussi l’héritage d’un partenariat profondément humain, un hommage à une promesse et à la poursuite d’un rêve partagé. « Mon mari ne m'a jamais vue monter mes chevaux en Grand Prix, parce que j'ai commencé les Grands Prix avec Valentin après son décès. Cinq ans plus tard, notamment grâce aux chevaux, je suis pleinement heureuse dans ma vie, avec mes enfants, avec mon écurie. J'ai retrouvé un équilibre. La douleur ne partira jamais, mais j’avance. Et plus que tout, je suis heureuse de voir que mes filles vont bien », conclut celle qui ne cache pas son impatience de fouler une nouvelle fois le carré du Printemps des Sports Equestres dans quelques semaines, avec Flambeau, également avec un jeune de sept ans.